2 mars 2005

Intérêt de l'analyse transactionnelle en coaching

Rubrique : Posture et outils du coach


L'analyse transactionnelle : quel intérêt pour le coaching ?


L’analyse transactionnelle a été développée par un psychiatre américain, psychanalyste de formation, Eric Berne, pendant les années 1950 – 1970. Après son décès, de nombreux apports nouveaux ont été faits par d’autres analystes transactionnels. La plupart des écoles de coach utilisent certains concepts de l’analyse transactionnelle (AT).

Certains reprochent à l’AT son caractère simple, les expressions employées pour la plupart des concepts sont compréhensibles par des enfants de 7 ans, comme le souhaitait Eric Berne qui a voulu, pour plus d’efficacité dans la prise en charge de ses patients, pouvoir partager avec eux sa compréhension du fonctionnement de l’être humain. Pour cela, il expliquait à ses patients les concepts qu’il avait développé, permettant une prise de conscience rapide des dysfonctionnements et de l’origine de ceux-ci.

Mais au fait qu’est ce que c’est qu’être analyste transactionnel ? 


C’est disposer d’une théorie complète de la personnalité et de ce qui l’a modelé. Les thérapeutes pourrons ainsi comprendre l’origine des blocages de la croissance de leurs clients. Il s’agit également d’une théorie de la communication et d’une théorie de l’organisation des groupes. L’analyse transactionnelle développe également des procédures et modalités d’intervention en relation d’aide.

Dans la relation de coaching, l’AT permettra de mieux comprendre la personnalité de notre client, de disposer de grilles permettant d’analyser avec lui les relations qu’il met en œuvre : analyse des transactions, analyse des jeux psychologiques, analyse des rackets.

Les transactions constituent les échanges unitaires entre les personnes, c'est-à-dire un aller retour dans la communication. Dans chaque transaction il existe un contenu social, celui-ci est généralement manifeste, il s’agit de l’information que la personne souhaite transmettre et un contenu psychologique, qui n’est pas toujours apparent, principalement lié aux éléments non verbaux de la phrase, et qui constitue l’information cachée, mais essentielle de la transaction.

Par exemple, un cadre disant à sa secrétaire à 17h32, ‘Vous partez ?’ peut vouloir lui dire qu’il trouve que c’est un peu tôt, qu’il a encore besoin d’elle, qu’il souhaiterait qu’elle ne fasse pas tant attention aux horaires… Cette partie cachée du message sera celle perçue par sa secrétaire. Le reproche indirect constituera si les évènements s’en mêlent, l’élément initiateur d’une communication insatisfaisante pour chacun d’entre eux.
L’analyse des transactions permet de mettre en évidence, avec élégance et en faisant participer le client, le processus relationnel, les risques d’interprétation, le positionnement de chaque interlocuteur. Cette connaissance s’acquièrent assez rapidement pour pouvoir observer dans son propre quotidien, le résultat des transactions ‘en temps réel’. L’analyse des transactions permet de comprendre l’origine de chaque comportement verbal ou non. Pour cela, l’AT dispose du modèle des états du moi, qui est caractéristique de l’AT et la distingue des autres écoles de psychologie humaniste.

Pour Eric Berne, un état du moi est un ensemble de pensées et de sentiments, traduits par des comportements en cohérence. Quand une personne répond à une situation (stimulus externe) dans l’ici et maintenant, en utilisant toutes ses ressources, elle est dite dans son état du moi Adulte. Quand elle pense ou ressent la situation comme auraient pu le faire ses parents ou les personnes qui l’ont modelée – instituteurs, éducateurs, frères et sœurs, professeurs, patrons précédents – elle est dite dans son état du moi Parent. Lorsqu’elle répète des comportements, des pensées ou des sentiments qu’elle a appris à mettre en œuvre dans un stade précédent de son développement, (enfance, adolescence, jeune adulte) elle est dite dans son état du moi Enfant.

Partager les concepts avec le client


En coaching, le partage avec le client de ces modèles (métaphores de l’origine de nos modes de pensées, de ressentis et de comportements) permet de décrypter l’origine des attitudes, transactions et comportements. Cette opération s’appelle la décontamination de l’Adulte, il s’agit de repérer ce qui est en lien avec la perception et le traitement de la réalité de la situation par le client, ce qui lui permettra de progresser dans l’atteinte de ses objectifs et de le discriminer de ce qu’il met en œuvre de manière répétitive, faute d’avoir reconsidéré ses apprentissages précédents à la lumière de son expérience de vie ou d’informations nouvelles.

Le client peut alors choisir de conserver ses comportements, qu’ils reproduisent ceux de ses éducateurs (Parent) ou qu’ils résultent d’apprentissages en relation avec des figures d’autorité (Enfant) ou peut reconsidérer – réorganiser ses états du moi et trouver d’autres modes de réponse plus adaptés à sa vie actuelle.

Certains détracteurs de l’AT considèrent que l’objectif de l’AT est d’adapter les personnes à la vie quotidienne, en les éloignant de leur propre perception en tant que sujet. Cette vision est discutable. Pour Eric Berne, la première étape de la thérapie (c'est-à-dire de cette relation avec un tiers qui permet de résoudre les constructions bancales issues de la compréhension partielle du monde par l’enfant) conduit généralement au contrôle social. Contrairement à la psychanalyse dont il est issu, il ne considère pas que la guérison des symptômes vient de surcroît, selon la formule bien connue, mais que la guérison des symptômes (le contrôle social) permet au client de décider de ses comportements, de ses relations, de son investissement. La seconde étape de la thérapie servira à résoudre les conflits internes de l’état du moi Enfant, ce qu’il nomme déconfusion de l’Enfant et qui permettra la modification de décisions limitantes prises précocement par l’enfant réel. Se reconnaître comme sujet, à travers le point de vue de l’AT, c’est avoir le choix de ses propres pensées, avoir choisi son héritage parental en faisant le tri de ce que nos éducateurs nous ont légué, avoir décidé de sa vie, non en référence aux décisions et fidélités anciennes, aux programmes de fonctionnement établis, mais en fonction de ses décisions en conscience, de ses propres valeurs, de ses capacités et de son âge réel.

Dans l’espace ouvert du coaching l’AT offre des perspectives intéressantes, outre celles qui ont trait à la personnalité, à travers l’analyse de la communication et des relations.

S'il existe de nombreux modèles et théories permettant d'accompagner le changement de point de vue, de comportement ou permettant de mettre en lien ses actions et ses intentions, l'AT garde la primeur lorsqu'il s'agit de métacommuniquer, d'analyser et de décrire ce qui se passe dans une relation.

Daniel Chernet
Coach
Facilitateur du travail d'équipes
Formateur et superviseur de coachs
2005

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